{SERIE}Atiye: à la recherche de son pouvoir de femme

En ce début d’année 2020, j’ai pris le temps de me plonger dans une série originale proposée sur Netflix. Habituée des éternelles séries américaines, j’ai été intrigué par cette production turque. Selon le pays, le nom de la série est Atiye ou The Gift. L’intégralité de la série est disponible sur Netflix, ce que j’apprécie n’aimant pas attendre. Eh oui, je suis une dévoreuse de série de temps à autre.

Une série tournée vers le passé

L’histoire est celle d’Atiye, une jeune femme, professeur et peintre. Suite à son premier vernissage, un symbole, qu’elle dessine instinctivement depuis son enfance, apparaît dans les ruines d’un temple anatolien mis nouvellement à jour par un archéologue. Atiye, troublée par cette découverte, part alors à la recherche de son passé.

Dès le début de la série, et malgré une vie semblant parfaite, il est possible de sentir une certaine tension autour des choix d’Atiye. Son fiancé, sa famille et principalement sa mère, semblent la pousser à choisir une vie bien tracé. De son côté, Atiye a l’air de douter du bien fondé de cette vie que ses proches espèrent tant pour elle. Néanmoins, Atiye est loin d’incarner une jeune femme soumise. Sûre de ses envies, nous pouvons découvrir combien Atiye se questionne et cherche à trouver sa Vérité. Rapidement, Atiye voit apparaître dans son quotidien des fantômes du passé.

Je n’irais pas plus loin dans la présentation de la série au risque de vous spoiler. Je vais par contre m’attarder sur ce qui se cache dans cette série. Si vous craignez le spoil, arrêtez-vous ici: retenez juste que si vous aimez le travail de cheminement sur soi, cette série vous apportera un regard intéressant sur ce sujet.

ALERTE SPOIL POSSIBLE

Au départ, j’ai cru à une série autour des histoires familiales. En fait, ce feuilleton va plus loin qu’un passé plus ou moins lourd, caché consciemment ou inconsciemment à l’héroïne.

En lisant au travers des lignes, il est possible d’étudier cette série avec une approche spirituelle.

Les clefs de lectures sont au coeur du Féminin.

Atiye est une jeune femme à l’approche de l’été de sa vie. Elle a l’envie de vivre, de découvrir la vie, de débuter l’aventure de la vie de couple. Néanmoins, deux apparitions, celle d’une vieille femme et d’une petite fille, la poussent à d’abord s’interroger sur elle-même.

Il paraît évident que la vieille femme amène Atiye à se questionner, l’initie, lui permet d’avancer, de choisir en conscience. Au fil du récit, elle emmène Atiye dans le passé familial mais également dans son passé d’enfant et de femme. Atiye en repoussant les limites établies par d’autres, va créé des situations problématiques, qui amène la famille à se repositionner face à leurs choix et les tabous. Beaucoup de souffrances ressortent alors.

Bien que la mère d’Atiye semble être au départ un personnage toxique, elle se révèle être elle-même le jeu de souffrances liées à une société niant la puissance féminine. La grand-mère et la mère ne sont que des victimes d’une chasse aux sorcières à une époque contemporaine de la nôtre. Bien avant la naissance d’Atiye, la grand-mère a refusé le joug du patriarcat en s’acceptant dans toute sa puissance de femme, sa magie. Reconnue et crainte, elle a suscité la peur sans le vouloir. Cette peur a amené à une réelle chasse à la sorcière. Sa fille, la mère d’Atiye, traumatisée par la violence subie lors de son enfance, a choisi de nier des années durant ses qualités féminines allant jusqu’à jouer le jeu de cette société violente tournée vers le masculin.

Autre point intéressant: Au fur et à mesure qu’Atiye trouve sa Vérité, cette dernière voit fleurir ses pouvoirs féminins. Pas à pas, elle les met sa puissance féminine au service des autres, notamment de sa soeur adoptive et de l’archéologue.

La place des hommes est elle-aussi complexe et passionnante. Le patriarcat est souvent décrit comme un choix des hommes que subisse uniquement les femmes. Or, dans cette série, il est possible de voir le père d’Atiye comme un personnage aimant, proche des femmes dont ses filles, à l’écoute et bienveillant. A l’opposé de sa femme, il semble prêt à accepter le changement, et les intuitions de sa fille. Il met donc bien en évidence sa propre part de féminin, équilibrant son masculin. Sa femme, elle, a renié son féminin au profit de son masculin, perdant tout équilibre intérieur. Il est ainsi possible de comprendre à quel point le patriarcat a bafoué autant les femmes que les hommes.

En conclusion, cette série prône un réel nettoyage des lignées qui s’opèrent au travers du cheminement de la femme. Cette rébellion/recherche/voyage détoxifie. Elle a pour but de créer de nouvelles branches florissantes dans un arbre généalogique malmené sur des générations.

Cette série m’a beaucoup plu. C’est pourquoi, je vous la partage mon ressenti et ma lecture du fond de l’histoire d’Atiye. J’espère vous avoir donner l’envie d’aller à sa rencontre. Elle en vaut le détour.


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