[Acceptation de soi] J’ai arrêté de me goinfrer de fromages (ou presque).

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Ces deux dernières semaines, il m’est arrivé un truc de dingue : j’ai constaté que j’avais laissé moisir les deux derniers fromages à pâte dure au fond de mon réfrigérateur. Alors vous qui ne me connaissez que peu, vous vous direz que « oui c’est pas super pour le porte-monnaie. » ou « bah, c’est pas un drame non plus. » Certes. Sauf que depuis mes six mois de vie, j’ingère de sacrés quantités de fromages. Je pense qu’à mon niveau, c’est même révélateur d’un manque de quelque chose dans ma vie.

Je touche rarement au chocolat. Et si j’en mange c’est très occasionnellement la moitié d’une tablette et, toujours du noir. Je bois un bon vin rouge ( de préférence tannique avec du fromage !!) en repas de famille. Je ne saute jamais sur les bonbons. Les sodas ont été bannis, il y a belle lurette. Les viennoiseries, ça reste le dimanche, et même pas tous. Je suis fan de pâtisserie mais je ne la mange même pas. Ma petite bête noire, rien qu’à moi, c’est le fromage.

Je les aime tous. Je les aime au lait de vache, de chèvre, ou de brebis. Aucune moisissure ou taux de graisses ne m’a jamais rebuté. J’aime le fromage inconditionnellement. Dans mon enfance, tout le monde le savait. A Noël, je dévorais d’envie le magnifique plateau de fromages que mes parents préparaient pour toute la grande famille. A mes 18 ans, on m’offrait malicieusement du camenbert. A Pâques, une bouteille de rouge (tellement le chocolat et moi..). Pour ma deuxième année de Droit, je noyais mes révisions à coup encore une fois de camenbert.

Ce mode de vie m’a valu de beaux kilos de plus, avec lesquelles je me sens bien. Tant que j’arrive à courir, sauter, faire tous les sports qui me font envie, et à ne pas galérer avec des douleurs, je suis bien dans ma peau. Ils sont sûrement une bouée sécure face au monde. Moins fun, j’ai mis des années à comprendre que j’avais un réel soucis avec le lactose. Depuis toute petite, j’avais de sérieux maux de ventre. Jeune adulte, cela ne s’est pas arrangé. Toutefois, je ne vomissais pas. Je suis ainsi, je vomis extrêmement rarement. Cela n’a donc alerté personne. Jusqu’au jour où j’ai mis une année à comprendre l’intolérance de mon fils au lactose. En fouillant la littérature, à défaut de médecins informés, j’ai compris que j’étais moi-même réactive à un certain niveau. Mon mode d’alimentation était déjà à l’époque en début de transition. Avec l’intolérance déclarée de mon Pirate, le début de la diversification alimentaire en DME (Diversification menée par l’enfant), et mon envie d’être en forme, j’ai trouvé au sein d’amies blogueuses des solutions pour cuisiner autrement.

Ainsi, depuis 2012, je me questionnais sur mon alimentation. A partir de 2015, j’ai découvert l’intolérance au lactose. Et, après quasiment cinq ans à me battre pour éviter le lactose sans non plus le rejeter totalement, j’ai enfin eu un médecin face à moi qui m’a affirmé « Bien c’est de l’intolérance au lactose que vous avez, Madame. » Long parcours du solitaire. Heureusement que les amies, ayant des difficultés similaires, ont su susciter ma curiosité pour m’amener à comprendre l’importance de transformer mon alimentation.

Ce parcours est plus qu’une découverte de maladie. Pour moi, c’est le signe de mon cheminement personnel face à un manque affectif. Car oui, j’ai pu constater combien je pouvais manger sans ressentir la saveur, juste pour emmagasiner une part de gras, bien douillé. J’ai choisi de ne pas me fustiger pour une telle pratique. Même s’il est vrai que je la cache tout de même. Et personne n’a jamais osé me tenir ce discours. Au contraire, pour certains de mes proches, cela est assez mal perçue de voir cette transformation. Il semble que ce soit comme un déni de ce qu’ils sont pour moi. Comme si je reniais une éducation, un mode de vie et des personnes. Et pourtant, travailler sur SES FAILLES est loin d’être une remise en cause de l’Autre. Mes failles m’appartenant, j’ai été assez sidéré du discours qu’on a pu me tenir face à mes choix personnels. Mais soit ! Chacun ses responsabilités. Et, les miennes sont de vivre avec moi, pas avec les inquiétudes des autres. Par conséquent, et à force de travail personnel, j’ai découvert de charmantes blessures à travailler. Ce que je fais donc depuis longtemps, mais avec une intensité et une profondeur toute nouvelle depuis avril 2019.

Après des années à décortiquer mon parcours, la généalogie, les douleurs du corps, la kinésiologie, et tout un tas de pratiques passionnantes, j’ai compris que tout cela n’était pas l’unique cause. Le malheur, la douleur, les blessures nous constituent pour partie. Néanmoins, elles sont également évitables. Toutes leurs causes ne résident pas dans l’éducation, qui n’est qu’un reflet. Comme un miroir, les Autres nous montrent ce qui pêchent. Il est uniquement nécessaire de comprendre ce qui leur appartient et ce qui nous appartient. Inutile donc de prendre tout reproche comme un signe fondamental de vos blessures émotionnelles, au risque de vous culpabiliser passant à côté du vrai travail sur soi-même.

Ce que je comprends dans mon cas est que j’ai encore un beau chemin à parcourir pour me libérer de certaines blessures. Toutefois, je suis bien en chemin. J’ai observé. J’ai accepté. J’ai compris une partie du problème. Sûrement pas tout à ce stade. En pratique, je suis heureuse de constater que le hachis de patates douces, que vous retrouverez sur instagram en photos, est fait sans lactose, et pour la première fois, même sans fromage. Il est délicieux. J’ai inconsciemment choisi de ne pas en mettre contrairement à mes habitudes passées. Je me disais alors « Allez, Fleur, fais un effort. Tu en manges trop. » Cette fois, je n’ai juste pas eu l’idée d’en mettre. Pour ce plat, ce ne fut pas un combat. C’est une nouvelle étape que je passe tranquillement en profitant de la saveur de tous les aliments. Sans noier les goûts sous celui plus fort d’un fromage ou d’un autre. Je pense que je continuerais à aimer le fromage mais plus modérément. Car, c’est également officiel, maintenant je n’ai plus juste des maux de ventre. J’en suis malade des heures et des heures. Actuellement, il ne m’est plus possible de manger du fromage de la même manière. Et encore moins avec du pain. Je ne vous parle même pas de crème fraîche, qui officiellement me fait vomir. Heureusement j’ai tout de même réussi à déguster ma première raclette de l’hiver 2019-2020, il y a peu. Cette équilibre me plait. Si je peux profiter de temps en temps et, accepter enfin de ne plus me faire de mal en engouffrant des quantités de lactose en tant record, cela est parfait.


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