Vivre avec un RSA en 2019? [2/2]

Quelles solutions, j’évoque?

Au niveau alimentaire, tout le monde a entendu parler des Restos du Coeur. J’y suis allée une fois ou deux en dépannage. L’horaire du mardi soir était compliqué. Les bénévoles sont adorables, disponibles, souriants. Il y en a même qui amène leurs petits-enfants pour aider. Mais j’étais très mal à l’aise.

Par contre, je fréquente depuis 1 an maintenant une épicerie solidaire. Les épiceries solidaires dépendent des Banques Alimentaires qu’on voit aux portes de grands magasins de temps en temps. L’organisation se fait avec les CCAS des mairies. C’est souvent associatif et les bénévoles y sont nombreux. C’est aussi un moment qui se veut conviviale. Les premiers temps, cela reste difficile. Comme il n’y a pas pour tout le monde, les bénévoles sont obligé de limiter les quantités, notamment en viande. Souvent, certaines personnes bloquent l’accès des réfrigérateurs pour se servir un maximum. C’est particulièrement désagréable. Il y a de quoi se sentir minuscule. Les mini agressions des autres bénéficiaires vont de pairs avec tout ça. Ils se sentent mal et ça se voit fortement.

Quelles autre solutions ?

Je fais appel à une association nantaise pour recevoir des fruits et légumes. C’est DLC ou Détournement Libre de Consommables. Leur objectif est de donner des produits invendus aux personnes qui en ont besoin, des détourneurs. Au lieu de jeter leur marchandises abîmées ou arrivées à date limite, les magasins les donnent à l’association, qui elle, les redistribue. Il est tout de même nécessaire d’être véhiculé ou de s’entraider pour l’être.

L’association D.L.C, vous connaissez?

Sinon je vous en ai parlé ici  en septembre 2016 et, .

Au quotidien, c’est comment de vivre sans travail avec peu d’argent?

Comme tout le monde, je me lève tôt le matin pour m’occuper de mon enfant. Je me débrouille pour qu’il soit garder le temps de mon petit boulot. Puis je m’occupe de la maison. Je cuisine énormément pour diminuer les coûts. La nourriture est notre seul grand luxe alors je cherche des solutions pour que nous profitions au moins par le gustatif. Cela me prend beaucoup de temps. Je fais pousser quelques légumes, quand j’y arrive sur mon balcon. Je passe beaucoup de temps à faire le tour des institutions. Il y a souvent un soucis à régler avec la Caf. Je refais les papiers pour l’épicerie solidaire tous les 2 mois et demi. L’épicerie solidaire peut me prendre jusqu’à 3h sur une journée. Récupérer des légumes invendus pareil. Aider les autres quand je peux prend aussi pas mal de temps. L’entraide, c’est ce qui me sauve aussi. C’est bête, mais le temps file. Et puis, je prépare la suite!

Et la suite, c’est quoi?

En effet, être au RSA n’est pas une fin en soi. Même si les rendez-vous sont espacés, j’ai du travail à faire pour prouver que je ne m’endors pas avec l’argent du contribuable. Le temps que j’ai, je le met à profit pour organiser la suite. Et la suite c’est avoir une vie stable pour me permettre de mettre en place des projets professionnels solides. C’est d’ailleurs beaucoup de travail. Tout est remis en question et, est éloigné des idéaux que j’avais au départ. C’est un sacré challenge en fait.

Une idée précise pour la suite?

En effet. J’ai appris à être prudente donc je n’en dirais pas plus.

Que dire aux personnes qui ne connaissent pas cette situation?

TANT MIEUX! Tant que vous pouvez éviter de tomber dans ces cycles difficiles, profitez-en. Mais si vous y tombez, faites le point et rebondissez. Personne n’est au RSA par envie de glander réellement. On n’y ait pas non plus par fainéantise. On parle bien ici d’accidents de vies, d’erreur de parcours. C’est une chance d’avoir une solution pour se relever, même si cette aide financière est faible. Être allocataire du RSA, c’est aussi avoir beaucoup d’émotions difficile à gérer. Il a clairement un sentiment d’échec, de honte, et donc tout un travail personnel à faire pour se sentir juste bien au quotidien. Puis toucher le RSA, cela prend du temps. J’ai mis six mois à avoir le droit à cette aide, bien que je remplissais les différentes conditions. Le RSA sert à rebondir, c’est ce qu’il faut retenir.

De quoi ont besoin des personnes dans le besoin?

  • De soutien. D’une oreille attentive et non jugeante.
  • D’entraide mutuelle. Parfois, je ne suis pas en mesure d’aider, parfois j’ai un vrai bonheur de rendre la pareil.Se sentir utile, c’est vraiment important.
  • De petits bonheurs très simples: un moment en famille, de soirées entre amis: de moments vrais et sereins.

Pas de besoins matériels?

Si, bien sûr. Je rêve de produits agréables pour ma salle de bain, d’un peu de paillettes, de douceurs, de produits de qualité. D’aliments douceurs. De produits qu’on trouve plus difficilement dans ma situation.


Voilà un petit panel d’informations selon mon expérience du RSA. Au quotidien, vivre avec micro budgets est un challenge pour de nombreuses personnes en France. Retraite riquiqui, charges trop importantes, écartèlement des salariés, … quelle que soit votre situation, cela peut épuisé nos nerfs à vifs.

Je vous propose de donc de suivre ma chronique du moment autour de « Vivre au RSA » pour découvrir toutes mes astuces quotidiennes pour tenir la barre, et rebondir.

ça vous tente ?


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